Entre un devis signé avec un client à 600 € la journée et le montant qui arrive réellement sur votre compte, l’écart peut interroger. En portage salarial, cette transformation du chiffre d’affaires en salaire net suit pourtant une logique précise. La maîtriser vous donne un avantage décisif : fixer un TJM cohérent, négocier vos missions en connaissance de cause et sécuriser votre trajectoire financière, que vous soyez consultant IT, formateur, chef de projet ou expert métier. À l’heure où le marché du conseil indépendant progresse de plusieurs points par an et où les grandes entreprises recourent massivement au portage pour sécuriser leurs achats de prestations.

Comprendre la structure du chiffre d’affaires en portage salarial

Le point de départ de toute simulation de portage salarial reste votre chiffre d’affaires : c’est la valeur de vos prestations facturées au client, hors taxes. Il dépend de votre TJM (Taux Journalier Moyen), du nombre de jours facturés, mais aussi de la structure de la mission : régie au jour/homme, forfait au livrable, mission longue avec engagement de volume, pilotage multi-projets… Une mission longue à 12 mois avec 18 jours facturés par mois n’a pas le même profil de risque ni de trésorerie qu’une intervention ponctuelle de 5 jours, ce qui peut justifier un TJM légèrement inférieur en échange de visibilité.

Pour vous faire une première idée chiffrée, un outil comme la simulation en ligne de portage salarial permet déjà de visualiser la transformation de ce chiffre d’affaires en salaire net. Mais avant même d’utiliser un simulateur, il est utile de raisonner comme un chef de projet : quel volume de jours réalistes par mois ? Quel niveau de risques (intercontrats, retards de paiement client, changements de périmètre) ? Cette analyse amont aide à construire un modèle de revenus crédible, plutôt qu’un simple calcul théorique.

Autre paramètre à prendre en compte : la nature de la relation contractuelle. En régie, le client paie au temps passé, souvent au mois échu, ce qui lisse votre chiffre d’affaires. En forfait, le montant peut être payé en plusieurs échéances, mais votre charge de travail réelle varie selon l’avancement du projet. Une bonne simulation doit donc tenir compte du montant global, mais aussi du rythme de facturation, pour anticiper votre trésorerie et vos besoins de lissage de salaire.

Décomposer les retenues entre chiffre d’affaires brut et salaire brut porté

Le calcul des frais de gestion (5 % à 12 %) : grilles de sociétés de portage comme ITG, cadres en mission, links consultants

Entre votre chiffre d’affaires HT et votre salaire brut, la première retenue visible correspond aux frais de gestion de la société de portage. La plupart des acteurs sérieux du marché appliquent un taux compris entre 5 % et 12 % du chiffre d’affaires, avec souvent des grilles dégressives selon le volume annuel ou l’ancienneté. Un consultant générant 120 000 € de CA annuel pourra, par exemple, bénéficier d’un taux réel plus proche de 5 % que de 10 %. Ces frais rémunèrent l’ensemble des services : gestion de la paie, facturation, recouvrement, accompagnement, assurance responsabilité civile professionnelle, outils digitaux.

L’impact des frais professionnels refacturés sur l’assiette de cotisations

Les frais professionnels sont décisifs dans une simulation en portage salarial. Deux catégories doivent être distinguées : les frais de mission refacturés au client (déplacements, hébergements, repas en mission, matériel spécifique) et les frais de fonctionnement non refacturés (abonnements, outils, coworking, documentation). Les premiers, lorsqu’ils sont clairement identifiés dans le contrat et sur la facture, ne sont pas intégrés dans l’assiette des cotisations sociales : ils transitent hors salaire, ce qui protège votre pouvoir d’achat.

Le traitement de la TVA (20 %, franchise en base, autoliquidation intra-UE) dans la simulation de portage salarial

La question de la TVA perturbe souvent les premières simulations. En portage salarial, la société de portage facture généralement avec une TVA à 20 % aux clients français assujettis. Cette TVA collectée est reversée à l’administration : elle ne fait pas partie de votre chiffre d’affaires « utilisable » pour le calcul du salaire net. La base de la simulation reste donc le montant HT. Dans certains cas (franchise en base pour certains clients ou dispositifs particuliers), la facture peut être émise sans TVA, mais là encore, ce n’est pas ce montant TTC qui doit servir de référence.

Passer du salaire brut au salaire net : charges sociales URSSAF et protection sociale du consultant porté

La ventilation des cotisations salariales (CSG/CRDS, retraite AGIRC-ARRCO, assurance chômage, prévoyance)

Une fois les frais de gestion retirés, le solde sert à financer la masse salariale : salaire brut + cotisations patronales. Sur le salaire brut, les cotisations salariales représentent généralement 22 % à 25 % selon les options. Elles se répartissent entre différentes rubriques : CSG/CRDS, retraite complémentaire AGIRC-ARRCO, assurance chômage, prévoyance, mutuelle obligatoire, contribution formation. C’est cette étape qui transforme le brut en salaire net avant impôt.

Les cotisations patronales supportées par la société de portage et intégrées dans le coût global de la mission

Les cotisations patronales, quant à elles, sont versées par la société de portage à partir de votre chiffre d’affaires. Elles représentent souvent entre 40 % et 45 % du salaire brut. L’administration française a d’ailleurs mis en place une réduction générale des cotisations patronales (dite « réduction Fillon »), qui peut alléger la facture sur les salaires proches du SMIC, mais qui joue peu pour les consultants portés au-dessus de 2,5 SMIC.

Les effets du statut cadre vs non-cadre sur la retraite complémentaire et la prévoyance du salarié porté

La plupart des sociétés de portage positionnent les consultants sur un statut cadre, notamment pour les métiers du conseil, de l’IT ou du management de transition. Ce statut a un impact sur la structure des cotisations AGIRC-ARRCO et sur la prévoyance. Les taux sont légèrement plus élevés que pour un non-cadre, mais les droits futurs (retraite complémentaire, indemnités en cas d’incapacité) sont aussi plus importants. Sur un modèle de carrière, la différence peut représenter plusieurs dizaines d’euros par mois de retraite complémentaire.

Paramètres à renseigner dans un simulateur de portage salarial (TJM, volume de jours, frais, profil)

La saisie du taux journalier moyen et du nombre de jours facturés : scénarios à 400 €, 600 € et 800 € de TJM

Un simulateur de portage salarial sérieux commence toujours par deux questions : « Quel est votre TJM ? » et « Combien de jours facturez-vous par mois ? ». C’est à partir de cette base que se construit toute la projection. Tester plusieurs scénarios permet d’évaluer votre « zone de confort ». À 400 €/jour sur 15 jours facturés, un formateur indépendant atteint un CA mensuel de 6 000 € HT, ce qui se traduira souvent par 2 500 € à 3 000 € de net (selon les frais et options).

Le choix des options de mutuelle, prévoyance et épargne salariale (PEE, PERCO) dans la simulation

Certains simulateurs avancés proposent de cocher des options : niveau de mutuelle (base / renforcée), surcomplémentaire, prévoyance renforcée, mise en place d’un PEE ou d’un PERCO. Ces options ont un double effet : elles peuvent diminuer légèrement le net immédiat (cotisations supplémentaires, abondements volontaires), mais améliorent votre protection et votre optimisation fiscale à moyen terme. Par exemple, un abondement PEE financé sur votre masse salariale permet de transformer une partie de votre brut en épargne faiblement fiscalisée.

La prise en compte de la zone géographique (Île-de-France, province, international) dans le calcul des coûts

Votre zone géographique influence indirectement le modèle de simulation. En Île-de-France, les TJM moyens sont plus élevés (souvent +10 % à +20 % par rapport à la province), mais les coûts de transport, d’hébergement et de vie quotidienne le sont aussi. À l’international, les TJM peuvent grimper fortement sur certaines missions en Europe ou au Moyen-Orient, mais avec des coûts de déplacement et d’assurance à prévoir.

Utiliser les simulateurs en ligne de portage salarial : méthodologie, limites et contrôles manuels

Les erreurs fréquentes : confusion entre chiffre d’affaires HT et TTC, oublis de frais ou d’options obligatoires

Les erreurs de simulation les plus fréquentes restent très humaines. La première consiste à saisir le montant TTC au lieu du HT : sur une facture à 12 000 € TTC, le CA réel pour la simulation n’est que de 10 000 € HT, la différence correspondant à la TVA reversée. Une confusion qui peut surestimer votre revenu potentiel de 20 %. Autre écueil : oublier d’inclure certains frais incontournables (trajets réguliers, abonnement logiciel, assurance individuelle) dans le modèle, ce qui donne un net « théorique » impossible à atteindre dans la réalité.

L’interprétation du bulletin de paie en portage salarial pour recouper les résultats de la simulation

Le bulletin de paie reste la référence ultime pour vérifier une simulation. Il permet de recouper le CA encaissé, les frais de gestion, les cotisations patronales et salariales, ainsi que les frais professionnels remboursés. Un bon réflexe consiste à comparer, sur un mois type, le ratio net avant impôt / CA HT et à le rapprocher de vos simulations initiales. Si le différentiel dépasse 3 à 4 points sur plusieurs mois, un échange approfondi avec un interlocuteur de la société de portage s’impose.

Les congés payés, intercontrats, périodes non facturées dans le modèle de calcul

Un simulateur raisonne souvent à CA et jours facturés constants. Or, votre activité réelle inclura des congés, des jours de formation, des périodes d’intercontrat. Pour obtenir une vision réaliste de votre revenu moyen annuel, il faut réduire le nombre de jours facturés mensuels dans la simulation (par exemple passer de 20 jours théoriques à 16-18 jours moyens) ou d’intégrer des mois plus faibles dans une projection annuelle.

Construire une stratégie de revenu en portage salarial à partir des simulations de salaire net

Une simulation de portage salarial est un outil de pilotage de carrière. En jouant sur les curseurs TJM, volume de jours, niveau de frais, options sociales et épargne, vous construisez une véritable stratégie de revenu. Vous pouvez par exemple définir un palier « survie » (net minimum pour couvrir vos charges personnelles), un palier « confort » incluant une épargne régulière, et un palier « investissement » ce qui permet de financer une formation longue ou une transition professionnelle.

Les dernières évolutions réglementaires sur les cotisations patronales, la montée en puissance de dispositifs d’épargne salariale accessibles aux salariés portés et l’essor des missions hybrides (présentiel/distanciel) offrent aujourd’hui plus de leviers d’optimisation qu’il y a cinq ans. Dans ce contexte, l’usage combiné d’un simulateur en ligne, d’un tableur personnalisé et d’un échange régulier avec un conseiller en portage transforme une simple estimation de net en véritable plan de route financier.

Lorsque vous utilisez un simulateur, gardez en tête cette question : « À partir de ces chiffres, quelles décisions concrètes allez-vous prendre ? » Ajuster votre TJM sur les nouvelles missions ? Accepter une mission un peu moins rémunérée mais très longue pour sécuriser votre flux de revenus ? Monter progressivement votre niveau de frais professionnels éligibles en structurant mieux vos déplacements et votre matériel ? Chaque simulation chiffrée ouvre la voie à des arbitrages stratégiques, et c’est précisément là que le portage salarial révèle tout son intérêt pour un indépendant qui souhaite garder la main sur son avenir financier.